D’argile et de souffle
(Poèmes choisis 1983-2000)
Par l'auteure
Hélène Dorion

Une anthologie de cette poète majeure qui explore les «fragiles fondations de ce que nous sommes». (Pierre Nepveu)
Cette poésie tellement éloignée de tout rapport anecdotique au monde quotidien et aux mouvements de l'histoire parle bel et bien de nous, des «fragiles fondations de ce que nous sommes», de «ce peu de paysage auquel nous sommes amarrés». Il y a quelque chose d’élevé, de noble dans cette manière de témoigner qui se situe loin du tumulte des bulletins de nouvelles.
C’est pourquoi il y aurait sans doute du vrai à affirmer qu’Hélène Dorion est la plus
classique des poètes québécois contemporains, au sens où son écriture ne cesse de porter le particulier et le circonstanciel au niveau d’enjeux fondamentaux, au sens où, s’il y a chez elle des échos indubitables de la
condition postmoderne, sa poésie ne cesse d’extraire de celle-ci une éthique intemporelle et universelle de la fragilité de l’être et de l’existence comme passage, comme question sans réponse ou comme «intervalle prolongé», formule qui, dès le tout premier recueil, inscrivait un projet qui n'a jamais cessé d'être soutenu.
Pierre Nepveu
(extrait de la préface)
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:: Critiques
« Ce serait le rêve de tout-e éditeur-trice de recevoir un manuscrit qui aurait la qualité du plus récent recueil d'Hélène Dorion. [...]
Ce recueil travaille le poème et fait un « parcours de relief » du corps, de la chair et de l'âme. Hors champ est un livre qui « conjugue les gestes », qui les apprivoise, et un trajet simple et long, celui de l'amour et du désir, celui, douloureux, de la passion. [...] La tendresse est ici intense, excessive, démesurée, la quête, absolue. [...] »
Anne-Marie Alonzo, La Vie en rose, 1800-01-01
« Par l'entremise d'une quête introspective, la poésie d'Hélène Dorion est devenue, progressivement, un espace voué à l'interrogation. À première vue, dans plusieurs de ses recueils, une forme de questionnement s'exprime à travers les rapports amoureux ; mais cela ne va pas sans cacher d'autres aspects d'une démarche beaucoup plus complexe. Sans bord, sans bout du monde, qu'elle publie en Europe aux Éditions de La Différence, cheche ainsi à approfondir des préoccupations d'ordre métaphysique et spirituel face à la fragilité de l'être. Ce livre s'inscrit d'ailleurs comme le prolongement de réflexions existentielles entamées dans L'issue, la résonance du désordre.
[...] Dans une langue simple, mais toujours précise, ces poèmes privilégient un style dépouillé qui exclut l'arbitraire. Cette réussite tient, en partie, aux nombreuses références ontologiques ou perceptives permettant à un énoncé de s'ouvrir sur d'autres.
[...] »
David Cantin, Le Devoir, 1800-01-01
« Hélène Dorion, fragile, lucide et intrépide à la fois, se laisse aller à suivre les mouvements contraires et convergents de l'univers, de l'histoire et de sa destinée intime. Rien de moins. Il fallait, pour accepter l'aventure, cette audace terrifiée et tranquille qui, depuis longtemps, constitue la marque de ses explorations.
[...] Grâce à une sensibilité tout accordée à l'unité paradoxale de la fuite du temps et de l'éternel retour, Hélène Dorion transforme la métaphysique en une façon de vivre et de sentir. [...]
Sans doute, le recueil trace un itinéraire sur lequel il n'est pas difficile de méditer longuement, mais il faut dire surtout à quel point Hélène Dorion a su accorder la musique de sa phrase, des thèmes alternés et de la composition
d'ensemble du recueil à celle qui s'enfle et se repose, au rythme de la danse ininterrompue qui nous emporte dans le temps et dans l'espace. L'œuvre respire comme elle parle. Il n'y a pas, me semble-t-il, de meilleur moyen d'assurer sa présence et sa beauté »
Hélène Thibaux, Le Sabord, 1800-01-01
« L'œuvre déjà considérable de la Québécoise Hélène Dorion - une quinzaine d'ouvrages - est animée par la recherche de soi et les sources de l'héritage. Il nous faut relire les signes premiers sur les murs de la grotte, et les relier à ce qui nous hante, aux incertitudes aussi de notre « corps compliqué ». La Terre nous possède plus encore que nous croyons la posséder. Le retour ouvre et ne clôt rien. Une voix claire et chaleureuse nous revient à chaque page emplie d'échos, pour nous dire que « Nous retournerons peut-être au fleuve / où Héraclite jeta aux ondes du temps / quelque énigme à dénouer ». »
Claude Michel Cluny, Lire, 1800-01-01
:: Du même auteur au groupe VML