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Samuel De Champlain




:: Notice Biographique

Les Œuvres de Champlain constituent le témoignage le plus important sur la reprise de la colonisation française en Amérique au début du XVIIe siècle. Des Sauvages, la première de ces œuvres, rend compte des bouleversements géopolitiques considérables qu'ont connus les populations amérindiennes de la vallée du Saint-Laurent après la venue de Jacques Cartier. Elle montre aussi que, si Champlain cherchait encore un passage vers la Chine, il suggérait également la première ébauche d'une stratégie coloniale française axée sur l'exploration et la traite des fourrures.

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:: Résumé de carrière

Autant Cartier s'émerveille et se laisse parfois emporter par l'émotion que sus­cite en lui le paysage, autant Samuel de Champlain (1580-1635) se veut un obser­vateur rigoureux et pragmatique qui résiste à la tentation du superlatif. Il écrit aussi davantage que Cartier, dans un style à la fois plus méthodique et plus répé­titif. Rédigées entre 1603 et 1629, les relations de voyage de Champlain sont beaucoup plus ambitieuses que celles de son prédécesseur, qui n'avait pas réussi à coloniser la Nouvelle-France. Les mille pages d'informations recueillies par le fondateur de Québec, lors de ses onze voyages en Nouvelle-France, ont la pré­tention de décrire un monde qui n'avait jamais été observé jusque-là. Dans son premier Voyage de 1603, Champlain ne cite Cartier qu'une fois, et c'est pour affir­mer faussement que le navigateur malouin n'avait pas dépassé la rivière Sainte-­Croix (aujourd'hui Saint-Charles). Nulle continuité avouée, donc, de Cartier à Champlain même si leurs observations portent en grande partie sur les mêmes réalités. Aux yeux du second explorateur, les notations les plus précieuses restent celles qui concernent la navigation; elles s'adressent d'abord à lui-même ainsi qu'aux autres navigateurs. C'est pourquoi un homme de lettres comme l'avocat Marc Lescarbot, qui s'empresse de publier en 1609 une première Histoire de la Nouvelle-France après avoir passé seulement un an en Acadie, avoue son ennui à la lecture des descriptions d'îles, de ports, de caps, de rivières et de lieux conte­nues dans les premiers récits de voyage de Champlain. Ce dernier, plus géo­graphe qu'écrivain, se contente de relever avec le maximum d'exactitude les faits observables et de dessiner des cartes remarquables. Alors que Cartier insiste sur les faits qui frappent l'imagination, Champlain note scrupuleusement les menus événements des débuts de la colonie sans trop se soucier de leur donner de l'im­portance.

(...)
Cette énumération strictement chronologique est suivie toutefois d'un para­graphe beaucoup plus élaboré évoquant cette fois la rencontre des Amérindiens. Champlain ne se contente plus alors de consigner les faits, mais construit un récit circonstancié de la scène.
(...)

Les relations détaillées de Champlain font entrer le lecteur plus avant dans la réa­lité du pays. Les portraits sont plus riches que ceux de Cartier, et les lieux sont évoqués avec davantage de précision. Sans doute le narrateur s'arrête-t-il surtout à l'utilité des individus et des choses en vue de l'exploration et de la colonisation. Le paysage n'est jamais peint en lui-même, mais au regard des usages qu'il per­met. L'Amérindien n'est pas évoqué dans sa réalité propre, mais évalué selon sa plus ou moins grande crédibilité. Reste que Champlain a le mérite de tout noter à une époque où la colonie prend véritablement son essor.


:: Du même auteur chez Ville-Marie Littéature"

Des Sauvages, Typo, 1993