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Alain Grandbois




GRAN1007
© Photo : © Bibliothèque nationale du Québec
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:: Notice Biographique

Alain Grandbois (1900-1975) est une figure marquante de la littérature québécoise. Grand voyageur, poète, nouvelliste, mémorialiste et essayiste, il a laissé une œuvre majeure qui a influencé des générations d'écrivains. Alain Grandbois a reçu trois fois le prix Athanase-David, en 1941, 1947 et 1969, le prix Duvernay en 1950, le prix France-Canada en 1963, le prix Molson du Conseil des Arts du Canada en 1964 et la médaille d'or de l'Académie canadienne-française en 1968.

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:: Résumé de carrière

Alain Grandbois naît le 25 mai 1900 à Saint-Casimir, comté de Portneuf. Il est le troisième enfant d’Henri Grandbois et de Bernadette Rousseau, une famille qui en comptera neuf. Son grand-père pater­nel, Michel-Adolphe, qui, dans sa jeunesse, voyagea et fut plusieurs années chercheur d’or en Australie, est le fondateur d’une entreprise familiale d’exploitation forestière. À sa mort, en 1908, ses deux fils, Louis-Philippe et Henri, prennent la relève.
Alain Grandbois passe une enfance heureuse, enchanté par les récits d’aventures de son grand-père et les histoires de son père, et bien enraciné dans la nature de Portneuf: la rivière Sainte-Anne, la forêt, les étés au lac Clair. Jeux et rêves, études primaires au village, premières lectures: Paul Féval, Jules Verne, Pierre Loti...
En 1912, il commence des études classiques au Col­lège de Montréal, qu’il interrompt en janvier 1913, mais qu’il reprend en septembre de la même année avec plus ou moins d’assiduité, et ce jusqu’à son premier baccalauréat. Il flâne dans Québec, s’adonne au dessin, écrit des poèmes; surtout, il devient un lecteur passionné, à même les livres de la bibliothèque bien garnie de ses parents, souvent en cachette, des romanciers du temps (de Bourget à Bordeaux), des poètes (Hugo, plus encore Vigny, Nerval), des classiques (Tolstoï, Montaigne ou Pascal, et plus tard, Balzac, Flaubert, Rousseau, Voltaire... «et au-dessus de tous», Dostoïevski).
À l’été de 1919, il entreprend la traversée du Canada, de Halifax à Vancouver, puis le voilà inscrit à l’Université de St. Dunstan à Charlottetown (Île-du-Prince-Édouard), en classe de philosophie; il n’y reste cependant que peu de temps et revient à Québec où il est admis de nouveau au Petit Séminaire. Nouvelle interruption de ses études alors qu’il accompagne ses parents en Europe, de janvier à mai 1920. C’est la découverte de Paris. Au cours de l’été, il accomplit la descente du Mississippi jusqu’à La Nouvelle-Orléans. Reprise des études et baccalauréat de philosophie.
Il retourne en Europe avec ses parents durant l’été de 1921. Il visite plusieurs grandes capitales: Londres, Paris, Berlin, Vienne, et des villes d’Italie, dont Florence où il décide de s’installer pour un an afin d’y suivre des cours de peinture et peindre, ce qu’il fera plus ou moins, et sans oublier la poésie. L’an­­née écoulée, il se rend à la suggestion de son père, venu le rejoindre, de rentrer au pays. Il choisit de s’inscrire en janvier 1923 à la faculté de droit de l’Uni­versité Laval; il y obtient sa licence, puis est admis au Barreau en juillet 1925. Il ne pratiquera jamais.
Il est indépendant de fortune. Il a «vraiment le goût des voyages», dit-il. Dès août 1925, il habite Paris, qu’il connaît déjà, y ayant séjourné avec ses parents. Voulant faire des études supérieures, il fréquente quelque peu la Sorbonne et l’École libre des sciences sociales (il y rédigera néanmoins un mémoire sur Rivarol, qu’il déposera en 1927). Ce même automne, il aurait trouvé le temps de visiter la Belgique et la Hollande, et quelques villes: Vienne et Berlin.
À Paris, au cours des quinze années suivantes, il côtoiera les milieux artistiques et littéraires, nouera des liens d’amitié avec des écrivains français ou étrangers, comme Blaise Cendrars, Léon-Paul Fargue, André Thérive, Jules Supervielle, Hemingway... de même qu’avec des compatriotes, entre autres Marcel Dugas, René Garneau, Pierre Dupuy, Jules Bazin, Alfred Pellan...
Si Paris est son principal port d’attache, il séjournera ici et là en France, mais le plus souvent sur la Côte d’Azur, qu’il finit par connaître en tous sens, et particulièrement à l’île Port-Cros (îles d’Hyères, au large de Toulon), son «lieu sacré du re­fuge et du repos». Aussi, il se rendra souvent en Italie, notamment à Florence, presque chaque année. Et encore, il ne cessera de voyager en Europe, en Afrique et en Asie.
Ainsi, sans épuiser ses séjours et ses itinéraires, voici quelques repères quand il n’est pas à Paris:
en 1926: sur la Côte d’Azur, dont Cannes où il gagne un concours de natation (été); premier séjour à Londres; à Annecy, en Savoie (automne);
en 1927: sur la Côte d’Azur, peut-être un premier voyage en Corse (été); à Londres (octobre), puis à Saint-Jean-de-Luz, sur la côte basque (automne);
en 1928: à Moscou (probablement au début de l’année); à Londres, puis sur la Côte d’Azur (mars-avril); encore sur la Côte d’Azur (été), particu­lièrement à Cannes, puis Monte-Carlo où il prend part à une course d’automobiles;
en 1929: sur la Côte d’Azur (février-mars); à Québec durant quelques semaines (été); en Afrique du Nord et en Italie (automne); de nouveau sur la Côte d’Azur (automne-décembre), à Juan-les-Pins autour de Noël;
en 1930: sur la Côte d’Azur (janvier); à Cannes (octobre). Il aurait visité les Indes au cours de cette année;
en 1931: à Port-Cros (février), puis à Hyères (avril); à Madrid (automne); il aurait voyagé en Alle­magne et au Proche-Orient durant cette année;
en 1932: à New York, où il débarque (janvier), en route pour Québec; en Terre sainte où il arrive à Jaffa (28 mars) après une traversée aventureuse, puis à Jéru­salem, Bethléem... Il s’attarde sans doute au Moyen-Orient — peut-être est-ce cette fois qu’il se rend à Istan­bul — et ensuite en Afrique du Nord et à Marra­kech. Retour en France (6 août); à Port-Cros (novembre-dé­­­cembre);
en 1933: au Québec (13 août-fin septembre); à Mar­seille où il s’embarque pour l’Orient (15 dé­cembre); à Djibouti (Noël).
En novembre de cette année-là paraît Né à Qué­bec, à Paris, ouvrage qu’il a écrit par à-coups et pour lequel il s’est abondamment documenté;
en 1934: en Orient où il passe presque entièrement l’an­née avec des séjours plus ou moins longs à chaque endroit, ou pour chaque itinéraire; à Col­ombo, Ceylan (1er janvier); à Singapour, Bangkok, Saigon et l’Indochine, Canton, Macao, Hong Kong (janvier-avril); aux marches du Tibet, expédition par le fleuve Yang tsê-kiang, arrêts à Hankéou, Chung-king, Tchentou, Siufou, et retour vers Shanghai (avril-mai); en Manchourie, occupée alors par les Japo­nais sous le nom de Mandchoukouo, qu’il tra­verse depuis T’ien-tsin, s’arrêtant à Moukden, aujourd’hui Chen-yang, équipée dangereuse à l’époque, se rend à la Grande Muraille avec le poète Sen-Lao, puis c’est Kharbin, aujourd’hui Ha-Êrh-pin (juin-juillet); vers Sin’Kin, Ta-lien ou Vladivostok, peut-être est-il revenu jusqu’à Shanghai avant de débar­quer au Japon (août-2 septembre); à Yokohama où il s’embarque (5 septembre); à Portland, Oregon, où il débar­que (22 septembre); à San Francisco, quelques jours, puis séjour au Québec; en France (8 dé­cembre).
Au cours de l’année, en août, un groupe de ses poèmes paraît sous le titre tout simple de Poëmes, à Hankéou; seulement dix exemplaires échappent au naufrage de la jonque qui transportera le reste de l’édition. Ces poèmes seront repris dans Les îles de la nuit;
en 1935: sur la Côte d’Azur, Cannes et Port-Cros (février-avril); à Londres, quelques jours (août); en Espa­gne (automne); à Québec (novembre-décembre);
en 1936: à Londres, de nouveau, puis Felixstone, toujours en Angleterre (juillet-septembre); en France (20 septembre); en Espagne où, arrêté près de Séville, au début de la guerre civile, il passe quelques jours en prison et réussit à s’échapper grâce à des amis et à la complicité du gardien (octobre); à Port-Cros, Côte d’Azur, Cannes (novembre-décembre);
en 1937: à Port-Cros, toujours (janvier-mars); à Berlin, où il assiste à un discours d’Hitler; en Afrique où il explore le fleuve Niger (automne);
1938: à Dinard, quelques jours (février); en Bretagne, séjour (mars-septembre); à Port-Cros, puis Québec (automne).
La guerre, en 1939, le force à revenir au pays; il y arrive au début de décembre. En 1940, il rédige Les voyages de Marco Polo à Deschambault, passe plusieurs mois à Montréal, probablement à l’hôtel LaSalle (aujourd’hui Europa), rue Drummond, où il aime à descendre, séjourne à Québec et dans Charlevoix. En 1942, installé à Montréal, il est à l’emploi de la biblio­thèque Saint-Sulpice (aujourd’hui la Bibliothèque nationale du Québec).
De 1942 à 1970, il connaît des périodes intenses d’activité littéraire et radiophonique, de création et de publication. Il prononce des conférences, à l’occa­sion. Il publie plusieurs nouvelles: dans La Revue moderne (1942, 1944, 1945), dans Liaison, dirigée par Victor Barbeau (1947), dans L’Action universitaire (1948), dans les Cahiers de l’Académie canadienne-française (1959); elles paraissent en volume sous le titre d’Avant le chaos en 1945, puis en 1964 dans une édition aug­mentée.
Il publie des poèmes importants dans diverses revues: Poésie 46, Liaison (1947), L’Action universitaire (1948), Les Carnets victoriens (1949), La Nouvelle Revue canadienne (1951, 1952, 1954), Cahiers de l’Académie canadienne-française (1956), Le Mercure de France (1958), Liberté (1960), Poésie (1966), etc.; la plupart se retrouvent dans les recueils de Rivages de l’homme (1948), L’étoile pourpre (1957) et Poèmes épars (1974).
À la radio, il lit souvent de ses œuvres, il participe à des émissions comme Rythmes de Paris (RC, 1950-1952), Rencontre (RC, 1957), L’histoire comme ils l’ont faite (RC, 1967) ou Le sel de la semaine (RC, 1969). Il y donne des séries de causeries: sur de grands explo­rateurs canadiens (RC, 1941), sur la guerre sino-japonaise (RC, 1942), sur «Les prosateurs canadiens» (RC, 1946), et en particulier la fameuse série Visages du monde (1950-1952), une centaine de textes qui seront publiés en 1971, édition préparée par Léopold LeBlanc. Enfin, il collabore à des journaux: Le Devoir (1949, 1962), Notre Temps («Hommage à Saint-Denys Garneau», 1947), Le Petit Journal (1963-1966), avec la série «Prosateurs et poètes du Canada français», qua­rante-cinq articles.
En 1944, la parution, en mai, des Îles de la nuit constitue un événement de renouveau poétique, que l’on célèbre ou condamne; ce recueil de poésie aura une influence marquante sur les jeunes poètes des années cinquante. Cette même année, décès de sa mère et, en 1954, celui de son père. En 1944 éga­lement, il est membre fondateur de l’Académie canadienne-française. Boursier en 1955, il séjourne en France, en Italie, en Belgique et à Monaco.
À son retour, en 1956, il s’installe à Mont-Rolland, où il habitera jusqu’en 1960. Au cours de cette période, il épouse Marguerite Rousseau à Sainte-Foy, en 1958. De nouveau boursier en 1960, il voyage avec sa femme en France, en Italie, revoit Port-Cros et séjourne longue­ment à Cannes. En 1961, il s’établit à Québec où il travaille à titre de publiciste au Musée de la Province, poste qu’il occupera jusqu’en 1971. Entre-temps, au cours de l’année 1965, il voyage encore en Europe: France, Portugal, Italie.
Au fil des ans, il reçoit plusieurs hommages. Mentionnons l’éloge de Pierre Emmanuel, en 1951, l’«Hommage à Alain Grandbois» à Radio-Canada, en 1960, une émission de quatre-vingt-dix minutes; aussi, dans la série Document, en 1970, il fait l’objet de quatre émissions d’une heure. Et la revue Liberté, dans sa livraison de mai-août 1960, lui consacre entièrement son numéro.
Il reçoit également plusieurs distinctions: trois fois le prix David (1941, 1947, 1970), la médaille Lorne Pierce de la Société royale du Canada (1954), le prix Duvernay (1950), le prix France-Canada (1963), le prix Molson du Conseil des Arts du Ca­nada (1963), un premier doctorat honorifique de l’Université Laval (1967), un second de l’Université d’Ottawa (1972), la médaille d’or de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre (1968).
Alain Grandbois meurt à Québec le 18 mars 1975. Il est inhumé au cimetière de Saint-Casimir.


:: Prix et distinctions de l'auteur



:: Du même auteur chez Ville-Marie Littéature"

Poèmes d'Hankéou, Les Éditions de l'Hexagone, 2000

Les îles de la nuit, Typo, 1994

Poèmes, Les Éditions de l'Hexagone, 1991

Lettres à Lucienne, Les Éditions de l'Hexagone, 1991

Grandbois vivant, Les Éditions de l'Hexagone, 1991