Après la boue
Par l'auteur

Description
Gabrielle, jeune femme que l'on nomme aussi Gaby, doit, pour survivre, s'arracher à une existence et à un milieu qui l'étouffent. Il s'agit ici d'une destruction d'idoles, d'une libération dans la douleur, qui passe par trois paliers: l'homme qui l'a épousée et violée; l'enfant qu'il lui a fait, ce fœtus qu'elle porte dans son ventre et qui l'effraie et l'envahit; son propre père, qui lui présente la parfaite image de la faiblesse et de la lâcheté. Il faudra donc que Gabrielle traverse de déchirantes épreuves initiatiques avant d'atteindre, sinon la liberté ou simplement la maturité, du moins son statut de femme à part entière...
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:: Dans les médias
« […] avec son troisième roman qu’il intitule Après la boue, Gilbert La Rocque retrouve le chemin intérieur de la nécessité et du même coup, sa voix s’enrichit de nouvelles harmoniques. L’héroïne, cette fois, est une femme, une femme malheureuse, divisée contre elle-même, qui dit tour à tour “elle” et “je” comme si elle ne savait pas vraiment qui elle est. Après la boue, c’est la longue confession d’une malade qui a grandi dans la peur, la honte et le dégoût et qui doit traverser maintenant une longue nuit entrecoupée d’éclairs, d’apparitions de fantômes, à la recherche de l’enfant qu’elle a été et qui seule peut lui rendre son vrai visage, le visage d’avant la peur, d’avant la boue, le visage originel de l’innocence.
[…]
« Mais parce que Gabrielle a commencé de guérir, la longue confession où sont repris souvent les mêmes événements, comme s’il fallait bien les cerner sur toutes leurs faces, n’enferme pas la patiente dans son univers. Au contraire, à mesure que nous avançons dans la lecture du roman, nous avons l’impression que quelque chose se relâche, que tous ces fils noués et salis, mystérieusement se dénouent et que la boue séchée qui les tenait ensemble tombe par plaques laissant apparaître un univers lumineux avec des odeurs de glaïeuls et de capucines, un univers où il fera bon de continuer à vivre. »
RelationsGabrielle Poulin, Relations,
« Le roman de M. Gilbert La Rocque a le mérite de la logique interne. Le ton est celui de la compassion. Gabrielle occupe toute la scène. Elle décrit et se décrit. […] Gabrielle Maloche, c’est un destin. Elle vit et évolue d’une certaine façon parce qu’elle est issue d’un milieu qui refuse de la porter et qu’elle a, en elle, cette poussée irrésistible vers la démence. Elle fait pitié et, peut-être, horreur, mais elle n’est jamais abjecte. M. Gilbert La Rocque ne se complaît pas dans ces horreurs. Il a choisi, bien sûr, de traiter ce sujet, d’accompagner Gabrielle dans sa descente aux palus infernaux. Ceci dit, il se détache et ressemble à un oiseau de proie qui, de sa branche, regarde s’agiter les succulentes belettes. »
Le DevoirJean Éthier-Blais, Le Devoir,
« La boue, c’est l’homme. La boue, c’est la vie depuis les origines des temps. La boue, c’est l’humanité dans “la fraternité de l’ordure”.
[…]
«Le style qui rend le subconscient de cette âme angoissée et quasi démente se situe quelque part entre l’intelligence qui produit le verbe et le verbe. C’est du lyrisme à l’état brut. Ce n’est donc plus une langue parlée, ni une langue écrite, mais les poussées de la sensibilité affolée avant le verbe fixé. Les mots se bousculent : ils viennent tous à la fois sans la canalisation et la réglementation de la raison. […] Des mots sont inventés ; d’autres inarticulés. Les phrases grammaticalement illégitimes abondent : comme le fœtus de Gabrielle, elles n’arrivent pas à terme. La ponctuation est absente souvent, les impressions se succèdent sans lien logique, comme dans un cauchemar. Souvent héroïne et narrateur se confondent et se passent la plume. […] Ce style rend bien ce qu’il y a de plus intime en Gabrielle, d’inavouable, avant la douane de la raison, de plus sexuel, de plus caché, qu’une parole sortie de la bouche voile d’habitude pudiquement selon les conventions de la société.
« En projetant la lumière sur ce que Gide appellerait “les parties non nettoyées” de l’âme de Gabrielle, sa misère effroyable produit de l’humanité. Gilbert La Rocque a rejoint la puissance d’introspection qu’on lui connaissait déjà par Le nombril (1970) et Corridors (1971). »
Le DroitPaul Gay, Le Droit,
« Le style de La Rocque fait parfois penser à L’intrus ou encore à Le bruit et la fureur de Faulkner, non pas qu’il s’agisse là d’une servile imitation. C’est assurément une œuvre fort bien faite, écrite par un artisan qui, d’un livre à l’autre, approfondit son métier. »
Le Nouveau SamediVictor-Lévy Beaulieu, Le Nouveau Samedi,
« Après la boue est un roman puissant qui s’adresse à ce que le lecteur a de plus profond, de plus caché, et de plus blessé. »
La semaine du livreLa semaine du livre,
« Notre comité d’experts a choisi pour vous Après la boue comme le meilleur livre du mois. Un roman d’une grande tendresse et d’une grande violence. L’un des événements littéraires de la saison. »
Le Club du livreLe Club du livre,
:: Du même auteur chez Ville-Marie Littérature
Le refuge, VLB éditeur, 1990