
Les soubresauts d'un destin qui tourne en rond et se précipite vers son aboutissement...
Tout se jouera en soixante heures. Une querelle dans un cocktail, un poignard finlandais, une étrange histoire d'amour et, reliant tout cela, les soubresauts d'un destin qui tourne en rond et se précipite vers son aboutissement... Des fantasmes, aussi, des explosions de la mémoire, tandis que se poursuit et s'accélère le processus de dépossession totale qui fait de Bernard Pion le jouet des événements, un être agi de l'extérieur, transporté dans sa propre durée sans pouvoir rien contrôler - passager à bord de lui-même, où tout change sans jamais changer, se perdant à son insu dans le parallélisme des situations répétitives et, d'une certaine façon, hallucinantes, qui jalonnent et structurent sa vie, sous le signe de la permanence de l'échec et de la dérision. Tout passager finit par arriver quelque part...
Vous aimerez aussi
:: Dans les médias
« Dans un prologue bouleversant, Gilbert La Rocque donne à entendre la plainte muette de toute l'enfance que les puissants du monde s'évertuent à étouffer. [...]
«Écrire pour arracher les masques qui collent à sa peau en n'épargnant pas même la chair vive à laquelle ils adhèrent, écrire pour chercher, au-delà de l'inconscience et de l'incohérence des actes humains, un sens à la vie humaine et, en creusant avec ses doigts, dans les ténèbres, des corridors vers la lumière, garder assez de lucidité et de maîtrise pour que de la chair et de la terre déchirées, rien ne se perde, voilà qui est une aventure périlleuse. Cette aventure engage tout l'être. C'est elle qui ouvre les brèches par où s'infiltre la mort. Mais avant que celle-ci triomphe, dans de soudains éclatements de lumière, l'écriture a déjà revêtu la boue elle-même d'une beauté aussi inattendue qu'inaltérable.»
«Ce n'est pas la mort subite du romancier Gilbert La Rocque [...] qui ajoute des dimensions insoupçonnées à son dernier roman. Non, c'est plutôt ce livre, troublant et beau comme un testament noir, qui confère
à cette mort, trop réelle hélas!, la beauté, l'étrangeté et l'immortalité d'une œuvre d'art.» »
Le DroitGabrielle Poulin, Le Droit, 1800-01-01
« Le talent descripteur de La Rocque ne concerne pas seulement les faits et gestes des milieux que traversent ses personnages, mais aussi les mécanismes psychologiques qui régissent les rapports, et surtout il semble être passé maître dans la description des correspondants physiques des sentiments: dans la description des émotions et de leurs sources corporelles. [...] La Rocque, c'est la conscience des tripes. [...] On ne fait pas de la littérature avec les beaux sentiments, mais l'histoire de notre ténébrion, lutin des ténèbres et ami de l'Ombre, est une visée vers la lumière. [...]
Passager de la tourmente ou cavalier de l'apocalypse, le roman se boucle par la cohérence profonde du protagoniste. C'est aussi un roman sur la fatalité, le déterminisme, subi de façon beaucoup moins passive que l'auteur voudrait nous le faire croire: Bernard réagit à son patronyme de «pion». (...) Un enfant luttait contre la noyade. Devenu adulte, et voyant les milieux socioculturels faits de la même eau, il ne pourra davantage accepter la mort. »
Nos livresLouis Lasnier, Nos livres, 1800-01-01
« Le lecteur est emporté à un train d'enfer... [...]
Une densité de situation et d'écriture à vous couper le souffle. On est content d'avoir été à bord, on a envie d'en redemander. Des traversées romanesques comme celle-là sont rares. Sans contredit, Le passager donne de la force à la rentrée d'automne et s'avère une démonstration éblouissante d'un romancier puissant. »
Livre d'iciJacques Thériault, Livre d'ici, 1800-01-01
« Bernard Pion incarne l'écrivain d'une société qui le refuse et qui craint sa passion.
Ce personnage, il éprouve aussi l'impossible coexistence de l'homme d'action et de l'écrivain, une race spécialement active et tourmentée dans la vie littéraire québécoise. Je ne suis pas un critique et je peux me tromper mais comme historien littéraire j'ai l'impression que Gilbert La Rocque a fait en littérature un pas de plus qu'Hubert Aquin. Le passager est un grand roman sur l'acte d'écrire. Cela finira par se savoir.
Dans presque tous les romans de Gilbert La Rocque, les héros se retrouvent seuls dans leur tête et se vident le cœur dans une histoire de violence. Dans ce voyage au fond de l'homme, la mort est toujours présente. L'écrivain veut maîtriser une destinée qui semble lui avoir échappé à l'enfance. »
Le DevoirJean Royer, Le Devoir, 1800-01-01
« C'est le problème lancinant de l'«inconfort» du romancier qui est posé dans le dernier roman de Gilbert La Rocque, Le passager. [...]
On y sent sourdre la poussée intérieure irrépressible, victorieuse du style qui bat comme un cœur de chair, qui pousse la vie dans les artères et les veines, toujours plus loin, toujours plus intensément, sans discontinuer. [...] Bernard Pion, le passager d'un Destin incontrôlable, prisonnier des mots, ligoté par la critique, le mal aimé, va-t-il pouvoir assumer la totalitéde sa vie? Pourra-t-il arriver au bout de ce «voyage sans retour», lui qui doit aller au bout de soi-même sans déroger, malgré les obstacles de plus en plus nombreux et, en apparence, infranchissables qui jalonnent son existence d'homme et de romancier?
Quel désarroi dans tout cela! [...] La critique a souligné le ton nettement agressif de ce roman. Pourquoi ne pas y noter surtout le cri de souffrance désespérée d'un incompris? »
Nuit blancheGilles Dorion, Nuit blanche, 1800-01-01
:: Du même auteur chez Ville-Marie Littérature
Le refuge, VLB éditeur, 1990