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Hubert Aquin






:: Notice Biographique

Né en 1924, Hubert Aquin est une figure mythique de la littérature québécoise. Après des études à Montréal et à Paris, il travaille à Radio-Canada, puis à l'Office national du film. En 1961, il s'engage au Rassemblement pour l'Indépendance Nationale. De 1966 à 1970, il enseigne au collège Sainte-Marie puis à l'Université du Québec à Montréal. De l974 à 1976, il est directeur littéraire aux Éditions La Presse. II s'est donné la mort en 1977.




:: Résumé de carrière

Romancier, essayiste, auteur de dramatiques pour la télévision, Hubert Aquin (1929-1977) est né à Montréal. Après des études classiques au collège Sainte-Marie, il termine une licence en philo­sophie à l'Université de Montréal avant de s'inscrire à l'Institut des sciences politiques de Paris. À son retour, il entre comme pro­ducteur, réalisateur et scénariste à l'Office national du film et tra­vaille également à Radio-Canada, qui diffusera plusieurs de ses téléthéâtres. Directeur de la revue Liberté en 1961, membre du Ras­semblement pour l'indépendance nationale, puis vice-président du mouvement en 1963, il est arrêté pour port d'armes en 1964 et interné trois mois dans un institut psychiatrique. En 1969, il re­fuse le prix du Gouverneur général du Canada pour son roman Trou de mémoire. De 1967 à 1974, il occupe divers postes d'ensei­gnement et, de 1974 à 1976, il est directeur littéraire aux éditions La Presse. En 1972, il obtient le prix David pour l'ensemble de son œuvre. Il met fin à ses jours le 15 mars 1977.
Hubert Aquin, qui se dit «écrivain faute d'être banquier», laisse une œuvre brillante et subversive, fondée sur la conscience doulou­reuse et l'ambiguïté de l'acte d'écrire dans une situation de dé­pendance et de demi-colonialisme. Deux de ses textes majeurs, «La fatigue culturelle du Canada français» et «Profession: écrivain», dévoilent la situation inconfortable de celui qui, en voulant éviter de faire le jeu du «dominé qui a du talent», inscrit toute sa démarche comme refus de la «non-identité cohérente». Ses recueils d'essais, Point de fuite et Blocs erratiques, témoignent d'une pensée «impatiente», nourrie par une vaste érudition, prompte à se remettre en cause et sans cesse attentive à cerner les rapports du culturel et du politique.
Dans ses romans, la déflagration formelle, à la fois revendiquée et soupçonnée, donne lieu à une écriture en trompe-l'oeil, à une phrase complexe, souple, et à un jeu de masques semblables aux pièges optiques que sont les anamorphoses dans le domaine artis­tique. Dédoublements et effets de miroirs, croisements spatio­-temporels, modifications des points de vue appellent la complicité active du lecteur dans le décodage d'un réseau de fuites et de pour­suites où l'intrigue policière est pervertie par un savant équilibre baroque. La narration de Prochain Épisode prend l'aspect d'une dou­ble partition dont l'action se passe en partie à Lausanne, où se cache un mystérieux agent secret, en partie à Montréal, où un nar­rateur immobile, incarcéré dans un institut psychiatrique à la suite d'activités révolutionnaires, entreprend sa propre analyse et revoit sa vie en écrivant. Faux roman d'espionnage, Prochain Épisode est aussi une méditation sur l'art et sur l'action, l'amour, la révolution, pendant que l'énigmatique femme-pays, surnommée K, se dérobe dans un espace onirique. Également polymorphe, Trou de mémoire entretient un doute systématique sur l'identité des narrateurs d'un récit dont la propriété semble être de pouvoir les engendrer et les multiplier à volonté. L'Antiphonaire, par une combinatoire habile, suggère une correspondance entre le récit autobiographique d'une femme médecin contemporaine et les événements de la vie de cer­tains personnages du XVIe siècle. Enfin, Neige noire, roman-scénario, se présente comme la quête d'un «théâtre supérieur» orchestrée autour de la figure - centrale dans l'œuvre d'Aquin - de Hamlet:
quête désespérée de l'Un dans la résolution de propositions contraires et apparemment irréductibles.

GAUVIN Lise et Gaston MIRON. Écrivains contemporains du Québec, l'Hexagone, Montréal, 1998, p.35-36





:: Prix et distinctions de l'auteur

  • Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal 1975
  • Prix littéraire de La presse 1974
  • Prix de la province de Québec 1970
  • Refuse le Prix du Gouverneur général du Canada 1969