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Jean-Guy Pilon




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:: Notice Biographique

En remportant le prix David en 1984 pour l'ensemble de son œuvre, Jean-Guy Pilon recevait une reconnaissance institutionnelle importante. Son œuvre, avec une certaine discrétion, est toujours citée et réactivée sans que, fondamentalement, elle ne reçoive une lecture mieux accordée aux problématiques actuelles. Dégagée de sa gangue historique et de l'enfermement idéologique auquel on la réduit, cette œuvre s'ouvre à de toutes nouvelles perspectives dont on peut dorénavant décanter ce qui appartient aux données contextuelles et ce qui, indifféremment, qualifie le poème et nous induit dans la mise au jour d'une démarche créatrice singulière.

-Roger Chamberland




:: Résumé de carrière

Poète, Jean-Guy Pilon est né en 1930 à Saint-Polycarpe (Vaudreuil-Soulanges). Il fait ses études classiques à Valleyfield et à Rigaud. Licencié en droit de l'Université de Montréal en 1954, il entre la même année à Radio-Canada à titre de réalisateur. En 1970, il fonde le Service des émissions culturelles à la radio, qu'il dirige jusqu'à la fin de 1984. Animateur littéraire, il participe à la mise sur pied des éditions de l'Hexagone (1953), de la Rencontre des écrivains (1957), de la revue Liberté (1959), qu'il animera durant vingt ans, et de la Rencontre québécoise internationale des écrivains (1972). Membre de la Société royale du Canada depuis 1967, il est élu, en 1982, président de l'Académie canadienne­-française. En 1984, il obtient le prix David pour l'ensemble de son œuvre.
Quand il commence à écrire au début des années cinquante, Jean-Guy Pilon établit sa filiation avec les premiers modernes qué­bécois, notamment Alain Grandbois, puis, avec Les Cloîtres de l'été (1954), place sa voix à hauteur d'homme et affiche ses raisons de vivre. Sa poésie, déjà personnalisée, à l'allure libre et maîtrisée, s'engage à l'encontre d'une société figée et de la morale des clercs pour rapatrier l'homme en son désir et en son espoir. Par l'inter­rogation inquiète ou dans l'illumination de la réalité, à travers bonheur et souffrance, le poète se livre à la découverte de soi et de son lieu. Dès lors il n'a de cesse de dire et de nommer sa relation à l'amour, ses liens au paysage, son appartenance et son «recours au pays», dans un lyrisme animé par des images de tendresse ou de véhémence et par la musique intérieure des mots. D'un même mouvement, de La Mouette et le large (1960) à Dix Phrases pour Jérusalem (1977), il chante les pays et les capitales, convie à l'ami­tié, évoque chaleur, beauté et lumière, toujours dans la mémoire de l'origine et la présence de la femme aimée et célébrée. Signifiant sa démarche, Jean-Guy Pilon écrit: «Je veux remplir tout l'espace de mon nom: poète.» À juste titre, son œuvre réalise la naissance et l'accomplissement d'une parole vraie.





:: Prix et distinctions de l'auteur