Jean
Narrache

Notice biographique


Jean Narrache, le pseudonyme d'Émile Coderre (1893-1970), effectue très tôt son entrée en écriture en fondant un journal humoristique, Le Mercredi, au Séminaire de Nicolet où il poursuit ses études. Après l'obtention de son diplôme de pharmacien à l'université de la même ville (1919), il devient publicitaire pour une compagnie de peinture puis secrétaire du Collège des pharmaciens du Québec (1945-1961), et collabore à différents périodiques: La Revue moderne, La Grande Revue, La Patrie du Dimanche - où il signe une chronique intitulée « J'parl' pour parler ». Membre de l'École littéraire de Montréal, il publie un premier recueil en alexandrins, Les signes sur le sable (1922), inspirés par l'amour et la nature, mais se tourne ensuite vers la poésie populaire, située à mi-chemin entre la chanson et le conte récitatif: Quand j'parl'tout seul (1932), J'parl' pour parler... Poésies (1939); Bonjour, les gars! Vers ramanchés et pièces nouvelles (1948); J'parl'tout seul quand Jean Narrache (1961); Jean Narrache chez le diable (1963); Rêveries de Jean Narrache (s.d., n.p.). En 1932, il reçoit la médaille d'argent de la Société des poètes canadiens-français. Marginal, profondément pessimiste et persuadé d'être poursuivi par quelque funeste destin, Jean Narrache trouvait vraisemblablement un exutoire à ses troubles intérieurs dans la composition de textes qui évoquaient la misère des humbles gens de son entourage et imitaient leur parler. Sa truculence, mêlée de compassion et de véhémence, le fait souvent comparer aux poètes populistes français Jehan Rictus (1867-1933) et Ponchon (1848-1937).