Paul-Émile Borduas
:: Notice Biographique
Né en 1905 et décédé en 1960, Paul-Émile Borduas est aujourd’hui reconnu pour avoir innové en peinture et pour avoir écrit Refus global. Il a aussi beaucoup réfléchi sur les rapports entre l’art et la société.
:: Résumé de carrière
Né en 1905 à Saint-Hilaire-sur-Richelieu, Paul-Émile Borduas entre en 1921 à l'atelier d'Ozias Leduc qu'il assiste dans les travaux de décoration jusqu'en 1928. Après avoir suivi les cours du soir à l'École des arts et métiers de Sherbrooke, il fréquente de 1923 à 1927 l'École des beaux-arts de Montréal où il obtient, à la fin de ses études, des prix de dessin et d'anatomie. Professeur de dessin à l'école du Plateau durant un an, il démissionne et se rend à Paris pour étudier la fabrication du vitrail avec André Ruiny et les arts sacrés avec Maurice Denis et Georges Desvallières. Au cours de ce séjour en France (1928-1930), il tient un journal intime.
De retour au Québec en 1930, il enseigne à l'Externat classique Saint-Sulpice (1931-1943), ouvre un atelier de
décoration murale (1932) et reprend son enseignement à la
Commission des écoles catholiques de Montréal (1933-1938). En juin 1935, il épouse Gabrielle Goyette à Granby. De leur union naissent trois enfants: Janine (1936), Renée (1939) et Paul (1940). Nommé en 1937 professeur à l'École du meuble où il remplace Jean-Paul Lemieux, il fonde avec John Lyman et Robert Élie la Société d'art contemporain dont il est le vice-président de 1939 à 1945.
Au printemps 1942, Borduas expose seul à l'Ermitage 45 gouaches qu'il présente comme des «œuvres surréalistes» et qui témoignent de son passage à l'abstraction. Au mois de novembre, il prononce une conférence, «Manières de goûter une œuvre d'art», à l'hôtel Windsor. À partir de ce moment, il connaît une période d'intense production et de fébrile expérimentation, alors que gravitent autour de lui ceux qui deviendront par la suite «les automatistes». À leur côté, Borduas participe en avril 1946 à la première exposition du «groupe».
L'année suivante, le groupe expose à nouveau à Montréal, puis à Paris au début de l'été, mais Borduas refuse de participer à «L'Exposition internationale du surréalisme», organisée par André Breton. Congédié de l'École du meuble à la suite de la publication de
Refus global en août 1948, il enseigne le dessin à son atelier de Saint-Hilaire où il
s'était installé avec sa famille en 1945. Pour justifier sa méthode d'enseignement et ainsi répondre à son congédiement, il publie en 1949
Projections libérantes. Pour des raisons de santé, Borduas doit ralentir ses activités. Il songe sérieusement à quitter le Québec pour les États-Unis. Après avoir passé l'été à Provincetown (Mass.), il s'établit à New York en 1953 et fréquente la plupart des peintres de l'expressionnisme abstrait. Il revient fréquemment à Montréal à l'occasion d'expositions, dont
La matière chante (1954) qu'il organise avec Claude Gauvreau.
Après avoir signé un contrat avec la Martha Jackson Gallery de New York qui devient son agent exclusif, Borduas s'installe définitivement à Paris en octobre 1955.
Abandonnant l'abstraction baroque, sa peinture se simplifie (période des tableaux noir et blanc). Il visite une grande partie de l'Europe avant de mourir à Paris le 22 février 1960. À titre posthume, il reçoit le prix Guggenheim pour son tableau
L'étoile noire.
:: Prix et distinctions de l'auteur
:: Du même auteur chez Ville-Marie Littéature